Sécurité Routière
MAJ le 22 septembre 2007
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La Prévention routière contre l’individualisme routier

  Par Grégoire Acerra, le 6 juillet 2006

Le 3 juillet 2006, la Prévention routière lançait sa nouvelle campagne de sensibilisation. Elle pointe du doigt la mauvaise foi générale des usagers de la route. Chacun rejettant sur « l’autre » la responsabilité de la gêne et du danger. Une attitude d’autant plus palpable en ville, où tous les types de transports se côtoient.

(JPEG)
Le 30 juin 2006, Paul Barré (à gauche) et Bernard Pottier, respectivement responsable pédagogique et président de la Prévention routière, présentaient la nouvelle campagne de l’association. « La route est réservée à tous, partageons », un slogan qui en résume bien l’esprit.

C’est à Paris et dans les grandes villes de province que cette campagne sera le plus visible, puisqu’elle est essentiellement orientée sur la circulation en ville. Cependant, les mille balises de la Prévention routière et les panneaux municipaux d’une soixantaine de communes s’en feront aussi le relais pendant l’été.

C’est pas moi, c’est lui !

Cette campagne s’appuie sur le constat que le milieu urbain génère stress et irritation. Elle est aussi fondée sur une étude, commandée par la Prévention routière, sur le thème « Regards croisés entre les différents usagers de la route ». En avril dernier, six réunions ont été effectuées à Paris, Tours, Lille et Marseille. Elles étaient constituées de piétons, d’automobilistes, de motards, de cyclistes et de conducteurs professionnels de véhicules utilitaires.
Objectif : recenser les difficultés rencontrées pour cohabiter sur la route, et discerner les reproches de chaque catégorie envers les autres. Résultat : chacun tend à attribuer aux autres types d’usagers les comportements inadaptés ou dangereux.

Piétons, deux-roues, voitures : chacun son territoire ?

Les tensions qui se créent en agglomération se font toujours au détriment des plus fragiles. Ces cinq dernières années, la baisse du nombre de piétons ou usagers de deux-roues (motorisés ou non) blessés ou tués en milieu urbain est loin d’être égale à celle des automobilistes.
La Prévention routière constate que chacun voudrait garder le monopole de « son » territoire. Elle souligne aussi que « les deux-roues motorisés revendiquent une liberté qui est mal comprise par les autres usagers ».

La route : espace public ou arène pour gladiateurs ?

« Sur la route, chaque oubli, chaque maladresse et même chaque hésitation de l’autre sont vécus par celui qui les "subit" comme des atteintes à sa liberté de circuler. Des pseudos agressions qui trouvent leur origine dans la répartition manichéenne des conducteurs en deux groupes antagonistes : les "bons", respectueux du Code de la route, et les "mauvais", infractionnistes impénitents », souligne avec justesse Paul Barré. Évidemment, chacun a tendance à se classer dans la catégorie des « bons », et c’est toujours l’autre qui commet les erreurs.
Un sentiment qui tourne souvent à un égocentrisme en totale contradiction avec la notion d’espace public partagé. Et qu’est-ce que la route, sinon un espace public ?

Cette sorte de paranoïa crée une incivilité qui s’observe au quotidien : gestes grossiers, insultes... Des comportements qui peuvent engendrer une conduite dangereuse. La violence physique est la dernière étape d’une situation qui s’envenime : on descend alors de son véhicule pour « s’expliquer ». Même si cette extrémité est relativement rare, elle n’en demeure pas moins existante.

La responsabilisation plutôt que la répression

La Prévention routière se garde de fonder sa communication sur une conception purement textuelle des règles de comportement. Elle semble considérer, à raison, que le Code de la route ne constitue pas l’unique gage de sécurité sur la route. De fait, nombre de règles informelles y contribuent.
Dans son approche de l’attitude des usagers de la route, et par le biais de sa campagne, elle rejoint ce qui constitue un des principaux chevaux de bataille de la FFMC (Fédération française des motards en colère), à savoir le partage de la route par tous et le respect mutuel.

Nous ne pouvons que nous féliciter de constater que la Prévention routière, pour tenter d’améliorer la sécurité sur les routes, ne base pas son discours sur l’effet d’annonce et la politique spectacle. Des méthodes chères à certains décideurs politiques. Loin de brandir des chiffres alarmants et de préconiser la répression à tout va, elle fait appel au bon sens et à la responsabilisation de chacun. Rassurant en ces temps de Contrôle-sanction automatique.

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Prévention routière et Sécurité routière : attention à la confusion

La Sécurité routière est un organisme de l’État. Ce n’est pas le cas de la Prévention routière qui est une association de type loi 1901.

Reconnue d’utilité publique depuis 1955, elle se donne pour mission de réduire le nombre et la gravité des accidents de la circulation. Elle encourage toute initiative en ce sens, et cherche à faire évoluer les comportements des usagers.

Elle n’est certes pas complètement indépendante, mais 60% de son budget provient du montant des cotisations de ses adhérents et donateurs (160.000 adhérents, dont 30.000 entreprises). Les 40% restants proviennent des subventions de sociétés d’assurances et des collectivités territoriales.

Elle intervient dans les écoles pour dispenser des séances d’éducation routière. Lorsque c’est pénalement possible, elle propose des stages de sensibilisation, dans le cadre du permis à point, en alternative aux poursuites.

La Prévention routière milite avant tout pour la prévention et la formation. Une présentation complète des actions qu’elle mène est disponible sur son site.

Le site de la Prévention routière : www.preventionroutiere.asso.fr

Ref. - 21 juillet 2006 - 6 juillet 2006

La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
13 juillet 2006, par NikoR
Etudiant en communication/publicité, je suis amusé de voir comment cette « réclame » est rédigée. Si vous vous attachez à chacun des mots de cette annonce, vous vous apercevrez que le motards n’est mis en cause à aucun moment, comme si la sécurité routière (ou son agence) avait voulu volontairement protéger, et ne pas impliquer la cible « sensible » qui risquerait justement de s’énerver si le message était mal tourné. Observez : c’est l’automobiliste qui est dit "bête", et c’est le piéton qui s’y exprime en disant que c’est au cycliste qu’incombe la responsabilité... Le motard est laissé de côté et occupe la place de l’observateur. Amusant non ? Comme quoi, la colère possible des motards fait toujours peur, même aux concepteurs rédacteurs de cette agence.
La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
11 juillet 2006, par Frédéric ROY, coordinateur de la ffmc 89
"les motards, qui ne respectent pas toujours les feux, circulent frequemment à contresens ou sur les trottoirs, ne sont pas seulement victimes de la routes, ils sont aussi un element profondement perturbateur et accidentogene". Ces mots sont issus de la revue de la Prevention Routiere de 2002. Alors dans le genre "c’est pas moi qui suis dangereux,c’est les mechants motards",ils ne sont pas mal non plus à la PR ! je me rappelle aussi les mots du président de l’antenne departementale de la Preventions routiere : "si les motards respectaient les limitations de vitesse, il n’y aurait pas besoin de doubler les glissieres". Qu’il aille expliquer ça aux familles des victimes...

  • La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
    13 juillet 2006, par Christophe adhérent FFMC

    Ne pas respecter les feux rouler à contre sens m’apparaissent effectivement être des pratiques pertubatrices et accidentogènes, c’est une évidence.

    Sans me permettre de juger la "prévention routière" on peut légitimement compte tenu du manifeste FFMC se féliciter de cette campagne...


    • La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
      16 juillet 2006, par fred, coordinateur ffmc 89
      oui,mais dans le texte donc je parle, ils ne disent pas que ce sont ces pratiques qui sont accidentogenes,mais les motards en eux-meme. Je ne sais pas toi, mais bon,je ne me reconnais pas dans cette description. Confondent-ils motards et livreurs de pizzas ? Et puis rien que le fait de stigmatiser tout une categorie pour le comportement de certains, ça m’enerve. Enfin bon,de toutes façons, je viens de voir leur campagne sur un panneau au bord d’une route, et vu comme c’est peu visible (texte uniquement, fond noir...), à mon avis personne ne verra ces affiches.

La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
7 juillet 2006, par Mathieu

Je vous trouve assez gonflés de saluer cette campagne et de prétendre qu’elle va dans le sens de ce que la FFMC préconise, alors que les campagnes de la FFMC exonèrent SYSTEMATIQUEMENT le motard de toute responsabilité (si les motards ont des accidents, c’est à cause des automobilistes inattentifs, de mauvaises infrastructures routières, mais jamais parce qu’ils conduisent mal...).

Commencez donc par faire le ménage devant votre porte en disant clairement : OUI, parmi les motards, il y a une minorité de gens qui conduisent comme des cake, on le reconnaît et ces gens n’ont pas leur place à la FFMC. Après, vous pourrez parler.


  • La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
    8 juillet 2006, par Gregoire Acerra

    Bonjour Mathieu,

    Je vous trouve injuste envers la FFMC et il me semble que vous la condamnez par une méconnaissance partielle de ses revendications.

    Oui, la FFMC se bat pour une meilleure formation des automobilistes pour qu’ils intègrent la présence des usagers les plus fragiles sur la route... mais elle milite aussi pour une meilleure formation des motards eux-mêmes.

    Les motards sont minoritaires, mais une vie est une vie. Quand, par exemple, un motard chute et se fait mutiler par un rail de « sécurité », il y a de quoi se révolter. Trois types de rails doublés sont homologués, et on continue à en poser des simples. Alors, oui, la FFMC milite pour que les infrastructures routières soient pensées et réalisées en tenant compte des usagers de deux-roues sur les routes. Trouvez-vous vraiment que ce soit inutile ?

    De plus, il ne me semble pas avoir jamais constaté que la FFMC exonérait systématiquement le motard de ses responsabilités, pour reprendre votre formule. Elle ne soutient aucunement les comportements dangereux, mais il est compréhensible, et logique, qu’elle ne les mette pas en avant de manière ostensible. D’autres s’en chargent, c’est déjà suffisant.

    Pour tenter de vous convaincre, je vous renvoie au « Manifeste de la FFMC pour une meilleure sécurité des motards et une PRATIQUE CITOYENNE de la moto » : http://www.ffmc.asso.fr/rubrique.php3 ?id_rubrique=26.

    Si l’intitulé de ce texte propose que la moto soit pratiquée de manière citoyenne, c’est bien qu’il y a un manque du côté des motards aussi.

    Enfin, et c’est ce qu’il est écrit dans cet article, la Prévention routière et la FFMC se rejoignent en ce qui concerne le partage en bonne intelligence de la route. Toutes deux, en ce sens, véhiculent des valeurs de tolérance.

    Grégoire Acerra, auteur de l’article... et NON-adhérent à la FFMC !


    • La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
      13 juillet 2006
      Bonjour, je suis assez d’accord avec Mathieu ; je trouve aussi que la FFMc et MotoMag et d’autres ont tendance à dédouaner un peu facilement la gente motarde. Ok nous sommes plus fragiles que les autres véhicules mais ce n’est pas pour cela que nous sommes forcément victime. Comment oser demander aux autres de faire attention à notre santé si nous les premiers la mettons en danger ? Je pense principalement aux remontées de files de voitures et aux limitations de vitesse pas franchement respectées par les deux-roues en général.... sauf les vélos peut être ! Pourquoi ne pas lancer une campagne de sensibilisation sur le principe de la remontée des files ? Sachant que ce n’est qu’une tolérance et qu’à partir de ça, certains devraient déjà changer de comportement ! Je dis une campagne, pas de simples avis et/ou lignes noyées dans un texte... V à toutes et tous... surtout aux VFRistes 750... ;-)

      • La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
        16 juillet 2006, par fred, coordinateur ffmc 89
        bah ce n’est qu’un constat, basé sur des statistiques : la majorité des accidents auto/moto relevent de la responsabilité de l’automobiliste (voir etude MAIDS et autres). Apres, si le motard se tue de sa propre responsabilité,c’est son probleme. Je sais, on va me dire "oui, mais ça coute cher à la collectivité". Pas plus que ceux qui risquent leur peau en faisant du saut à l’elastique, en fumant, en mangeant trop gras... Quant à la campagne sur les remontées de files, y’avait eu des conseils de donnés sur le site de la ffmc. Mais je vois pas comment faire une campagne pour un truc illegal. D’un point de vue purement juridique, c’est comme si on faisait une campagne sur comment ne pas avoir d’accident en roulant bourré. ça la foutrait mal...

        • La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
          16 novembre 2006, par OlivCX
          Le problème de l’illégallité dans nos contrées, c’est qu’elle est desormais partout du fait de lois et reglementations excessives (circulation, immobilier, vente.....). Ex : les limites de vitesses qui sont toujours au moins de 20 à 30km/h inférieures aux vitesses qu’un conducteur en bonne santé peut pratiquer des 80% des conditions de circulation ; Mais on met les panneux pour les 20% de conditions défavorables et pour les conducteurs endormis ou qui téléphonent ! Remontées de files ; Illégal, mais pratiqué par les deux roues du monde entier ! Dangeureux un peu certes ; mais rouler la nuit sous la pluie est certainement beaucoup plus dangeureux, même en voiture, surtout pour ceux qui portent des lunettes ! Et qui recoivent les phares de plus en plus puissant dans la figure ; mais c’est légal !!! Quand au taux d’alcolémie, on a beau le baisser, on pourra le mettre à 0, on aura toujours des gens bourrés qui conduiront, mais surtout on pourra verbaliser les braves gens qui sont conscients et font encore plus attention en rentrant après un bon repas ; d’ailleurs, il est surement plus risqué de partir en vacances à 800km après une journée de travail que d’avoir 0,8gr d’alcool dans le sang et de faire 4 ou 5 km en se disant ; gaffe, gaffe j’ai un bu ce soir ! Alors qu’ils nous rendent la responsabilté de nos actes ; en sanctionnant les accidents par exemple, plutôt que de nous mettre hors la loi dès que nous touchons un volant ou un guidon, ou que nous voulons ajouter une prise dans notre salon !!!! Et le rugby, le ski, la plongée sousmarine ne sont pas encore illégales mais certainement aussi dangereux ; Quand au ’tourisme sexuel’, il est encore plus dangeureux car pas seulement pour la santé physique, mais aussi psychique, mais encouragé par les pouvoirs publics !!!

      • La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
        9 août 2006
        "limitations de vitesse pas franchement respectées par les deux-roues en général...." et par les "4 roues", elles sont franchement respectées ? ah bon j’avais pas remarqué

La Prévention routière contre l’individualisme routier  | Répondre à ce message |
7 juillet 2006, par Nanuk

Oh là,

ne nous réjouissons pas si vite : La Prévention Routière est surtout financée par ceux qui savent en tirer profit...

Des réunions ? Peut-être, mais à ma connaissance, les motards marseillais n’ont pas été interrogés. Par contre, on observe quotidiennement que la route est déjà très bien partagée par les usagers. Ce sont les décideurs, politiques ou non, qui sont à la traîne.

Il est marrant ce slogan, mais le plus bête, dans l’histoire, a été oublié.